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Boite à outils  / 22 Août 2021

Le jeu vidéo au Quebec

Contenu mis à jour le
Vous souhaitez découvrir de nouveaux horizons tout en vous forgeant une expérience solide ? Les studios québécois recrutent ! Véritables eldorados pour les professionnels de l’Hexagone, ils réalisent chaque année des chiffres d’affaires record. Ils encouragent la mobilité des étudiants et proposent des projets d’envergure stimulants. Montréal, ça vous tente ?

Une industrie en progression

Depuis près de 20 ans, l’industrie vidéoludique québécoise profite d’une croissance régulière. Sa valeur boursière ne cesse d’augmenter. En 2019, elle avoisine le milliard de dollars ! La province regroupe aujourd’hui plus de 53 % des professionnels canadiens du jeu vidéo. Cette concentration des talents attire les compagnies internationales. Elle favorise l’émergence de petites structures indépendantes, et les studios se multiplient. Seulement 60 en 2012, ils sont plus de 230 en 2021 !

Le jeu vidéo, un choix politique

L’attractivité québécoise résulte d’une politique ambitieuse lancée en 1996. Pour séduire les grandes entreprises vidéoludiques, le gouvernement leur offre un crédit d’impôt remboursable de 37,5 %. Appliqué sur les salaires, il encourage un recrutement massif. Le secteur emploie aujourd’hui plus de 15 000 personnes, contre 1 200 au début des années 2000. On estime que les travailleurs étrangers représentent 10 à 20 % de cette masse salariale.

MegaMigs évènement du jeu vidéo à Montréal

MegaMigs évènement du jeu vidéo à Montréal

Montréal, le cœur de l’industrie

4e ville la plus dynamique au monde, Montréal est devenu en 20 ans une plaque tournante du jeu vidéo. Son profil sectoriel promet aux professionnels des couts d’exploitation avantageux :

  • un prix moyen des loyers commerciaux faible (147 € / m2 contre 457 € / m2 à Paris) ;
  • une tarification de l’électricité réduite pour les entreprises (4,04 ¢CA / kWh) ;
  • des subventions et des prêts sans intérêts ;
  • des crédits d’impôts sur les salaires.

Près de 15 000 employés se concentrent dans la Cité lumière. Répartis sur plus de 200 studios, ils profitent d’un écosystème complet de services et d’outils performants : infrastructures numériques, assurances qualité, incubateurs de talents, espaces de coworking, sonorisation, localisation, festivals, associations, etc.

Le marché de l’emploi vidéoludique au Québec

Au Québec, les offres d’emploi dans le secteur du jeu vidéo foisonnent ! En pleine expansion, l’industrie souffre d’une réelle pénurie. En septembre 2020, le Journal de Montréal estime à 2 000 le nombre de postes à pourvoir. Toutes les professions vidéoludiques sont concernées : programmeurs, artistes, animateurs, ingénieurs, comédiens, managers, communicants, commerciaux, etc. Quelles que soient vos compétences, vous avez vos chances !

Les techniciens avantagés

Les entreprises locales recherchent principalement des programmeurs et des développeurs. 30 % des offres d’emploi disponibles ciblent ces techniciens. Ils bénéficient d’une forte mobilité et de primes à la compétence.

Selon TECHNOCompétences, l’industrie du jeu vidéo manque :

  • de programmeurs 3D, en intelligence artificielle et en système physique ;
  • d’artistes techniques ;
  • de riggers ;
  • de designers USX.

Une opportunité pour les Français

Faute d’employés, les recruteurs s’orientent vers les jeunes talents formés à l’étranger. En faisant pression sur le gouvernement québécois, ils favorisent l’immigration de travailleurs qualifiés. Nos jeunes diplômés profitent ainsi de conditions d’accueil particulièrement favorables. En acceptant quelques concessions, vous trouverez facilement un poste outre-Atlantique.

Les formations disponibles à la Cité lumière

Vous souhaitez poursuivre votre cursus français à Montréal ? Pour répondre au défi du numérique, la métropole favorise la création d’un écosystème vidéoludique stable. Elle multiplie les projets d’appui économique et représente un véritable pôle d’excellence. L’éducation fait partie intégrante de sa stratégie.

Montréal propose aujourd’hui 45 formations collégiales et 16 formations universitaires professionnalisantes. Leurs diplômes reconnus sont autant délivrés aux étudiants locaux qu’aux étudiants étrangers. Des écoles privées, comme la NAD, l’ISART ou le collège LaSalle, dispensent des enseignements spécialisés en lien direct avec les grandes entreprises du secteur.

Une carrière dans le jeu vidéo québécois

De nos jours, obtenir un emploi dans l’industrie du jeu vidéo passe par l’expérience, les portfolios et les diplômes. Les entreprises québécoises privilégient les étudiants sortant d’une école spécialisée, mais ouvrent aussi leurs portes aux jeunes talents ambitieux issus d’autres formations. La ville de Montréal estime que les diplômes les plus représentés dans le secteur sont ceux :

  • du génie informatique et du génie logiciel (37 %) ;
  • du cinéma et du multimédia (27 %) ;
  • de l’art et du design (16 %).

Pour décrocher un poste, vous devrez faire vos preuves ! Des créations réussies aux Games Jam ou des jeux édités en indépendant prouveront vos compétences. Constituez-vous un bon portfolio, touchez à tous les domaines et multipliez les expériences ! Les recruteurs sont sensibles à la passion. Ils apprécient les carrières non linéaires et les cultures générales riches. S’ils repèrent en vous un potentiel, ils vous embaucheront sans hésitation, même si vous possédez un profil atypique.

Découvrez plus de 50 métiers du jeu vidéo.

Une formation continue

Les artistes, les commerciaux et les techniciens doivent constamment suivre les évolutions vidéoludiques. Restez à jour ! Renseignez-vous sur les nouvelles technologies et les dernières innovations en la matière ! Au Québec, 2 structures principales soutiennent les professionnels du jeu vidéo dans leur formation continue.

  • TECHNOCompétences accompagne les techniciens T1 : développeurs, informaticiens, communiquants, etc. L’association met à votre disposition des enquêtes régulières sur la main-d’œuvre locale et rassemble des connaissances sur les technologies actuelles.
  • SYNTHÈSE favorise la créativité numérique. En collaboration avec le ministère de l’Éducation, les laboratoires et les universités, l’organisation met en place des initiatives porteuses à destination des artistes.

Petits studios vs grands studios

Grâce au dynamique marché québécois, vous vous pensez assuré de trouver un emploi ? Oui, mais méfiez-vous. Chaque entreprise possède ses propres critères de recrutement, et votre profil ne conviendra pas à tous les coups.

Avec leurs équipes réduites, les studios indépendants recherchent surtout des professionnels seniors touche-à-tout. Elles privilégient les profils transversaux et expérimentés ayant une totale maitrise de leur domaine de compétence. Si vous débutez, ciblez plutôt les multinationales. Elles acceptent plus facilement les jeunes diplômés. Au sein de leur structure, elles vous offrent de réelles possibilités d’évolution, bien qu’elles limitent votre autonomie.

Une montée en grade progressive

À l’inverse d’autres secteurs d’activité, celui du jeu vidéo récompense le mérite. Les vétérans les plus expérimentés décrochent des postes de direction prestigieux, même s’ils ont commencé au bas de l’échelle.

En début de carrière, vous travaillerez sans doute sur des projets peu intéressants. Ne lâchez rien ! Avec de bons résultats, et en gagnant en expérience, vous obtiendrez régulièrement des promotions. Un jour, vous dirigerez vos propres équipes sur des projets qui vous correspondent. Prenez simplement votre mal en patience.

De grandes entreprises solidement implantées

8 acteurs internationaux du jeu vidéo résident sur le sol montréalais. Ils forment les futurs talents et proposent de nombreux emplois aux jeunes diplômés. Si vous souhaitez tenter l’aventure outre-Atlantique, retenez leurs noms !

Visuel du site internet Games From Quebec

Visuel du site internet Games From Quebec

Deux grands pionniers

L’histoire de l’industrie vidéoludique québécoise débute en 1995 avec BioWare. Premier grand studio de la Belle Province, il enchaine les succès mythiques : Baldur’s Gate, Neverwinter, Stars Wars : Knight of the Old Republic, Dragon Age, Mass Effect, etc. En 2018, il embauche 500 employés. Malheureusement, les échecs successifs d’Andromeda et d’Anthem menacent aujourd’hui son avenir.

En 1997, quelques années après la création de BioWare, Sylvain Vaugeois souhaite développer un pôle high-tech compétitif à Montréal. Sur un coup de poker, il invite Yves Guillemot à fonder une antenne d’Ubisoft au Québec et convainc le gouvernement de lui offrir un crédit d’impôt de 50 %. En 2005, le succès du premier Tom Clancy forge la réputation du jeune studio. Il gagne progressivement en importance et dirige aujourd’hui le développement de grandes licences de l’éditeur français : Prince of Percia, Far Cry, Assassin’s Creed, For Honor, etc. Avec ses 4 500 salariés dans la métropole, Ubisoft est désormais le premier employeur de la région.

Locaux de Ubisoft à Montréal

Locaux de Ubisoft à Montréal

Un essor continu

Depuis le début des années 2000, les promesses de crédits d’impôt et les jeunes talents formés par Ubisoft aiguisent l’appétit des grands groupes. Leur participation grandissante construit l’image d’excellence de Montréal. Elle accélère la croissance du secteur qui accueille peu à peu de nouvelles et nombreuses multinationales vidéoludiques :

  • Gameloft en 2000 (Overdrive City, Dugeon Hunter, MonderCombat, Gangstar, etc.) avec 450 employés ;
  • Electronic Arts en 2004 (Need for Speed Nitro, Army of Two, Dead Space Remake) avec 850 employés ;
  • Square Enix, à travers Eidos Montréal, en 2007 (Shadow of Tomb Raider, Deus Ex : Human Revolution, Thief, etc.) avec 500 employés ;
  • Fremantle Media, à travers Ludia, en 2008 (Warior of WaterDeep, Dragons, Jurassic World, Lovelink, etc.) avec 300 employés ;
  • Warner Bros Games en 2010 (Batman : Arkham Origins et Gotham Knights) avec 500 employés ;
  • Epic Games en 2018 (Fortnite et Unreal Engine) avec 25 employés ;
  • SEA Group, à travers Phoenix Labs, en 2020 (Dauntless) avec 250 employés.

Les studios de jeux vidéo dans le monde.

Un marché toujours florissant

L’épidémie de covid-19 est loin d’avoir affaibli les géants du jeu vidéo ! Avec leurs chiffres d’affaires conséquents, ils poursuivent leur développement et continuent de créer de nombreux emplois. En mars 2021, Amazon Games s’installe à son tour à Montréal. Comme d’autres avant lui, le nouveau studio débauche ses talents chez Ubisoft. Il recrute l’ancienne équipe derrière Rainbow Six Siege : Romain Rimokh (directeur narratif), Xavier Marquis (directeur créatif), Alexandre Rémy (directeur du marketing) et Luc Bouchard (producteur).

Des studios indépendants bien représentés

Dans l’industrie vidéoludique québécoise, les professionnels expérimentés sont loin d’être délaissés ! De nombreux studios indépendants recrutent des vétérans. Ils offrent d’importantes opportunités d’évolution. Citons par exemple :

  • Red Barrels. Grâce à la licence Outlast, le studio accomplit l’exploit de générer un revenu de plus de 65 millions de dollars en 10 ans, avec seulement une quarantaine de salariés ;
  • Sabotage Studio. Après le succès retentissant de The Messenger, la petite équipe lève 1,6 million de dollars grâce aux financements participatifs pour son nouveau projet Sea of Stars ;
  • Behavior. La réussite commerciale de Dying Light permet à la compagnie d’embaucher plus de 700 salariés ;
  • Polymorph Games. La fondation propose une petite révolution des city-builder. Elle participe à la Gamescom en 2018 et rencontre un vif succès ;
  • Compulsion Games. Dirigés par un ancien employé d’Arkane Studio, les développeurs y jouissent d’une grande liberté créative. Leurs productions, Contrast et We Happy Few, sont de véritables prouesses artistiques.

Des rendez-vous annuels abondants

La métropole québécoise profite d’une vie culturelle riche. Chaque année, des associations organisent des évènements à destination du public et des professionnels : Comiccon Montréal, Rétro Néo Vidéo, Montréal Joue, Global Game Jam, Pixel Challenge, Montréal Game Jam, etc. Ils représentent autant d’occasions de gagner en expérience, de présenter vos projets et de faire vos preuves.

Le plus important de tous est le MEGAMIGS. Né de la fusion du Montréal Expo Gaming Arcade (MEGA) et du Montréal International Game Summit (MIGS), il s’agit du plus grand évènement B2B2C du pays. Il expose le travail des studios, sensibilise le public et offre un espace d’expression aux créateurs.

FAQ

🙋 Quelle structure choisir pour m'accompagner dans mon projet vidéoludique au Québec ?
La Guilde du jeu vidéo du Québec est la principale interlocutrice des professionnels du secteur. N'hésitez pas à la contacter et à lui demander conseil ! Plus grande coopérative au monde, elle regroupe et soutient plus de 200 studios. Elle accueille aussi bien les créateurs indépendants que les grandes entreprises. L'association encourage la coopération, l'entraide et l'inclusion. Organisatrice du MEGAMIGS, elle assure la promotion des productions locales.
📝 Qui sont les acteurs de l'industrie vidéoludique montréalaise ?
La Cité lumière accueille une grande diversité de sociétés spécialisées dans le jeu vidéo. Les géants et les indépendants se côtoient dans un véritable bouillonnement culturel. Pour les découvrir, consultez le site Games from Québec qui recense les créations des 230 membres de la Guilde du jeu vidéo du Québec. L'industrie vidéoludique locale embauche également de nombreux sous-traitants et partenaires. Le profil sectoriel réalisé par Montréal International dénombre 7 000 entreprises de service, de technologie ou de conception (analyse de données, intelligence artificielle, modélisation 3D, réalité virtuelle, développement mobile, sécurité, etc.). Plus de 160 000 techniciens T1 participent à la dynamique créative numérique québécoise.
💰 Quel est le salaire moyen d'un professionnel du jeu vidéo ?
La pénurie de personnel et les crédits d'impôts poussent l'industrie vidéoludique québécoise à offrir des rémunérations élevées. Le salaire annuel moyen du secteur s'élève en 2021 à 64 000 $CA. Voici ceux des professions les plus recherchées :
💼 Puis-je créer mon propre studio sur place ?
La ville de Montréal encourage la création de nouvelles entreprises francophones. Elle promet des charges faibles et des locaux moins couteux qu'à Paris. De nombreux incubateurs vous soutiennent dans vos projets : l'Espace Ludique, La Piscine, l'Indie Asylium, le Zú, etc. La Guilde du jeu vidéo du Québec met en place des initiatives à destination des jeunes créateurs. Elle soutient l'entreprenariat et favorise la croissance des studios indépendants. En partenariat avec Ubisoft, elle organise la compétition Serie Indie. Elle encourage la fondation de nouveaux studios via des bourses, du mentorat ou du marketing.
👩 Comment se faire une place dans le secteur du jeu vidéo en tant que femme ?
Le milieu du jeu vidéo reste encore aujourd'hui très masculin. Seulement 10 à 20 % de femmes y travaillent. Au Québec, Pixelles tente néanmoins de changer les choses. L'association propose des ateliers gratuits à destination des genres marginalisés. Cet espace unique permet de faire ses preuves dans un milieu sécurisé et de bénéficier d'une réelle reconnaissance. Des Game Jam, des concours, des programmes de formation à distance et des mentorats sont également organisés.
✈️ Immigre-t-on facilement au Québec ?
Le Programme régulier des travailleurs qualifiés (PRTQ) est accessible toute l'année sur le portail Arrima. Le gouvernement québécois vous y questionne sur votre scolarité, votre formation, vos expériences professionnelles et vos compétences linguistiques. Les personnes aux profils socio-économiquescorrespondant à ses besoins sont particulièrement bien accueillies. Dans l'industrie du jeu vidéo, la forte demande facilite l'entrée dans le pays des jeunes diplômés français. Vous possédez une promesse d'emploi outre-Atlantique ? Idéalement hors de Montréal ? Vous augmentez vos chances d'obtenir votre Certificat de sélection du Québec (CSQ) ! Une fois le précieux sésame en poche, vous n'aurez plus qu'à demander votre visa auprès du Canada.

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