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Les modèles économiques du jeu vidéo

Le choix du modèle économique d’un jeu vidéo est primordial, et il ne va pas nécessairement de soi. Genre du jeu, public cible, objectif dans le temps : de nombreux paramètres sont à prendre en compte avant d’opter pour l’une ou l’autre des solutions disponibles, sachant qu’il est évidemment possible de combiner les différents modèles existants, voire de changer d’orientation en cours de route.
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Contenu mis à jour le

Sorti en 2004, le MMORPG World of Warcraft utilise par exemple plusieurs modèles économiques en même temps : achat à l’acte pour chacune de ses extensions, abonnement mensuel et jeu gratuit pendant une durée limitée. FIFA est chaque année un jeu premium vendu entre 50 et 70 euros, mais les microtransactions liées au mode FUT contribuent dans une grande part au succès économique de la licence.
Les lignes sont floues, et si les abus peuvent se payer comptant en termes d’image de marque ou d’engagement, nombreux sont les éditeurs et développeurs de jeux vidéo à explorer les possibilités offertes par les modèles existants.

Premium

L’achat à l’acte est le modèle traditionnel. Sur PC et consoles, l’acquisition d’un jeu en boîte dans un magasin ou de sa version dématérialisée sur une place de marché en ligne est toujours très répandue. Ce n’est pas toujours une vérité absolue, son principe de base est d’offrir l’ensemble du contenu du jeu contre une somme fixe payée par le consommateur afin d’accéder au jeu.

Les principaux jeux sur console sont souvent vendus entre 50 et 80 euros, quand leur version PC tourne plus autour de 50/60 €. La différence de prix est principalement due à la commission prise par les constructeurs (Sony, Microsoft, Nintendo) sur chaque vente.

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Abonnement

Popularisé dans les années 2000 par les jeux de rôle massivement multi-joueurs (MMORPG), le modèle par abonnement s’est diversifié depuis la fin des années 2010. Le principe reste le même : on verse une certaine somme pour accéder à un jeu ou un ensemble de jeux pendant une période définie dans le temps.

Quelques éditeurs proposent désormais un abonnement permettant d’accéder à tout ou partie de leur catalogue. Le plus populaire est le Game Pass de Microsoft (sur Xbox et PC), qui comptait plus de 25 millions d’utilisateurs au début de l’année 2022. Pour attirer les joueuses et joueurs, Microsoft a réalisé diverses acquisitions d’envergure (Bethesda en 2021, Activision Blizzard en 2022) et propose de nombreux titres différents allant bien au-delà de son propre catalogue d’édition.

Ubisoft et Electronic Arts proposent des offres comparables qui se concentrent uniquement sur les jeux qu’ils éditent eux-même.

World of Warcraft

Free to play

Un free to play est un jeu en ligne gratuit à télécharger. Il se finance très souvent par le biais de microtransactions (cosmétiques, ressources, vies, personnages), de publicités ou de placements de produits.

Ce modèle est désormais bien implanté, et semble avoir trouvé une certaine forme de maturité. Les dérives que l’on connaissait au départ – publicité intrusive, déséquilibre le transformant en pay to win, utilisation limite des données personnelles – sont moins courantes aujourd’hui, même si la frustration reste bien souvent au cœur de leur concept.

Apparu à la fin des années 90, le modèle s’est d’abord imposé en Corée du Sud avant d’envahir le reste du monde. Il est particulièrement utilisé sur mobile, et demeure courant sur PC et même sur consoles (Genshin Impact, Call of Duty: Warzone, Fortnite).

Fortnite

Freemium / Free To Start

À mi-chemin entre le free to play et le premium, le freemium est un free to play qui limite néanmoins l’accès à son contenu. Possibilités manquantes, progression bloquée après un certain temps : il demande impérativement de passer à la caisse pour être joué dans son entièreté. Certains titres entravent tellement leur expérience pour les joueurs qui ne souhaitent pas payer qu’ils peuvent être considérés comme des jeux freemium, même si en théorie l’intégralité de leur contenu est disponible gratuitement.

Accès Anticipé / Early Access

Mettre un jeu en vente alors qu’il n’est pas terminé est une pratique plutôt répandue depuis une dizaine d’années, principalement sur PC. Prisée notamment par les studios indépendants, cette pratique permet d’une part de financer une partie du développement restant, et d’autre part de recueillir de précieux retours des joueuses et joueurs sans avoir recours à d’onéreux playtests.

Certains développeurs s’en sont fait une spécialité : les français d’Amplitude Studio utilisent systématiquement ce procédé, davantage pour inclure sa communauté au plus tôt de la production que pour des raisons financières. Ce modèle est basé sur la confiance des joueurs dans la capacité du studio à respecter le planning établi au moment de sa mise à disposition.

Golf it! est en Accès Anticipé depuis le 17 février 2017. Pas le meilleur exemple du respect d’un planning.

Golf it! est en Accès Anticipé depuis le 17 février 2017. Pas le meilleur exemple du respect d’un planning.

Financement Participatif

Une autre manière de faire appel à sa communauté pour financer son projet est de lancer une campagne de financement participatif. Il s’agit bien souvent d’une prévente : le studio ou l’éditeur du jeu partage sa déclaration d’intention, quelques images ou gif de son projet et invite les joueurs à donner la somme qu’ils souhaitent pour participer directement au financement. Différentes rétributions attendent les participants en fonction du montant alloué au projet (remerciement, version du jeu, goodies…).

Le crowdfunding a eu son heure de gloire au début des années 2010, avant de peu à peu laisser sa place à des modèles moins incertains, comme l’accès anticipé. Kickstarter est la plateforme la plus populaire, tandis que KissKissBankBank ou encore Ulule ont également aidé à financer différents projets liés à l’industrie du jeux vidéo (jeux, livres, service).

Star Citizen a récolté plus de 445 millions de dollars depuis octobre 2012, mais n’est toujours pas disponible en version finale.

Star Citizen a récolté plus de 445 millions de dollars depuis octobre 2012, mais n’est toujours pas disponible en version finale.

Le financement participatif par titres permet lui aussi à tout un chacun de verser son obole, avec les contreparties habituelles, mais invite également à investir des sommes plus importantes dans la perspective de réaliser des profits à la sortie du jeu. C’est par exemple le principe de la plateforme Fig.

Play 2 Earn

Le P2E est le modèle économique le plus récent du jeu vidéo. Propulsé par le Web3 et son environnement cryptomonnaie/blockchain/NFT, il est lui aussi une évolution du modèle free to play. Sa particularité est de permettre aux joueurs d’acheter et de vendre des NFT (lire notre article à ce sujet ici), et donc de réaliser des profits en rentabilisant leurs heures de jeu. Le créateur du jeu touche une commission sur chaque vente, permettant de financer le projet.

Le Tamagochi-like CryptoKitties a fait tourner bien des têtes à sa sortie en 2018, avant de perdre l’essentiel de sa force de frappe financière en quelques mois. Le modèle semble très versatile, et ne jouit pas toujours d’une bonne image auprès des joueurs, qui ont peur de l’arnaque.

Cryptokitties

Pay What You Want

Le jeu vidéo a aussi, à la manière des scènes semi-professionnelles du stand-up et de la musique, son paiement au chapeau. La plateforme Itch.io, prisée des studios indépendants, expérimentateurs et bidouilleurs de tous horizons, propose l’option “Donner ce que vous voulez” que les créateurs peuvent activer au moment de publier leur projet. C’est davantage une manière de se faire découvrir par les curieux qu’un modèle économique viable, mais il reste très intéressant pour se confronter au public quand on se lance.

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Arcade

Une pièce égale une vie. La partie est perdue ou le temps imparti écoulé ? Il faut remettre de l’argent dans le monnayeur pour continuer à jouer ! Les jeux proposés sont souvent simples à prendre en main, mais leur difficulté augmente subitement afin de faire perdre le joueur, et l’inciter à remettre une pièce pour s’améliorer. Certains titres offrent la possibilité de jouer à deux (versus fighting, jeux de course, de tir ou de rythme…), mais une partie nécessite alors deux crédits. Les bornes d’arcade sont les dignes héritières des flippers et autres jeux mécaniques qui ont connu leur âge d’or dans les années 70.

Simple comme bonjour, ce modèle économique périclite peu à peu dans le monde entier depuis l’an 2000, même au Japon où il a pourtant connu un gigantesque succès. L’avènement des consoles de salon connectées a peu à peu sonné le glas de l’arcade, assez marginal à l’heure actuelle.

Véritable art de vivre dans les années 80, l’arcade est très marginal aujourd’hui

Pour quelques dollars de plus : différentes méthodes pour diversifier ses sources de revenus

On le disait en introduction : les modèles économiques des jeux vidéo ne sont pas fixes, et il est très commun aujourd’hui de mélanger les sources potentielles de revenus pour maximiser les profits sans se mettre la majorité de son public à dos.

Contenu additionnel payant (DLC)

Très courantes sur PC dans les années 2000, les extensions sont désormais très répandues sur tous les supports grâce à la démocratisation des connexions internet. Développer un nouveau contenu coûte moins cher que de mettre en chantier une véritable suite, et permet aux passionnés de prolonger un peu l’expérience de jeu contre quelques euros. Il est nécessaire de posséder le jeu de base pour profiter d’un DLC (on appelle ça une extension standalone dans le cas contraire), et celui-ci peut ajouter différents éléments : des personnages, un scénario, un environnement ou une mécanique de jeu peuvent suffire à justifier l’existence d’un DLC.

Outre de gagner un peu d’argent supplémentaire, le DLC peut permettre au studio d’ajouter des idées, mécaniques et assets retirées du projet initial faute de temps ou de budget. Notez qu’un contenu additionnel n’est pas forcément payant, et peut faire office de cadeau de remerciement pour la communauté suite à l’accueil particulièrement chaleureux réservé à un jeu.

Le DLC Citadelle de Mass Effect 3 a été particulièrement bien accueilli par les joueurs à sa sortie en 2013.

Enfin, les éditions GOTY (Game Of The Year, ou jeu de l’année) réunissant le jeu de base et l’ensemble de ses contenus additionnels constituent une bonne manière de donner une seconde vie à un jeu en le proposant, souvent à prix modique, dans sa version complète.

Game As A Service

Comment garder un joueur captif dans un jeu en ligne sans avoir à le contraindre à s’abonner ? C’est tout l’enjeu d’un jeu pensé comme un service, dont l’exploitation est censée durer plusieurs années. Nouveaux contenus réguliers (missions, personnages, environnements, modes de jeu), suivi du jeu permanent, écoute de la communauté : la sortie initiale du produit marque le début d’un nouveau travail qui consiste à faire vivre un univers le plus longtemps possible au-delà de sa proposition initiale.

L’économie d’échelle réalisée sur la production de nouveaux contenus (tous les outils sont déjà disponibles, puisqu’utilisés lors de la conception du jeu originel) rend ce modèle particulièrement lucratif lorsque le public est au rendez-vous. On peut considérer l’ensemble des free to play comme des jeux service.

GTA Online est à la base le mode multijoueur de GTA V. Il est désormais jouable séparément et gratuitement, et propose même un abonnement mensuel offrant différentes contreparties.

Microtransactions

Un personnage, une couleur de costume, un modèle d’arme, une ressource, de la monnaie virtuelle, une vie, quelques minutes de jeu supplémentaire : tout ou presque peut être vendu séparément dans un jeu vidéo, contre quelques centimes ou plusieurs euros en fonction de l’intérêt de l’objet et de son usage. Les abus sont nombreux, mais le système a fait ses preuves et un grand nombre de free to play tirent aujourd’hui leurs profits de ces petits achats réalisés quotidiennement par les joueurs.

Jouer à Apex Legends est gratuit, mais vous pouvez payer pour personnaliser vos armes et personnages

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Lootboxes

Les fameuses caisses de butin ajoutent une dimension aléatoire aux contenus habituellement proposés à la vente. Au lieu de payer pour un skin d’arme de CS:GO, on peut acheter une clé permettant d’ouvrir une caisse qui nous donne un modèle au hasard, avec une petite chance de tirer le gros lot avec un objet rare… mais de grandes chances d’obtenir un objet banal dont la valeur sera inférieure au montant dépensé pour la clé ! De nombreux pays en réglementent sévèrement la pratique, les considérant comme des jeux d’argent.

Système de lootboxes d’Overwatch

Placements de produits

Extrêmement courant dans le cinéma, la présence d’un produit ou d’une marque ostensiblement affichée l’est moins dans le jeu vidéo. Soda, boisson énergisante, fast food, géant de la tech : les placements de produit sont une autre manière pour une production d’aider à son financement, même si les abus peuvent grandement décrédibiliser un jeu.

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Rien de tel qu’une boisson énergisante pour affronter un univers post-apocalyptique intimidant

Soldes / bundles / jeu offert

Pour relancer l’intérêt public d’un jeu, il est très commun d’en baisser le prix. Temporaires via des soldes ou définitives, les ristournes pullulent sur les différentes plateformes de vente sur PC et consoles. La seconde vie d’un titre n’est pas à négliger, surtout pour un jeu indépendant pour lequel chaque vente compte.

Une autre manière de permettre à un titre de trouver son public à moindre frais est d’intégrer un bundle, adossé à une œuvre caritative ou non, même si cela ne garantit évidemment pas que le jeu sera joué au final. Enfin, Microsoft, Sony ou encore Epic sont prêts à verser de coquettes sommes pour faire figurer un titre dans leur catalogue (Game Pass, PlayStation Plus, Epic Games Store) en exclusivité, au moment de sa sortie ou même quelques mois plus tard. Des opportunités à saisir, d’autant que l’on profite alors d’une grande visibilité sans avoir à engager de lourds frais de communication.

Des milliers de jeux vidéo sont soldés chaque jour, notamment sur Steam (PC).

Des milliers de jeux vidéo sont soldés chaque jour, notamment sur Steam (PC).

Pour continuer votre lecture, découvrez nos conseils pour travailler dans le jeu vidéo ou encore les métiers de monétisation manager jeu vidéo et de data scientist jeux vidéo

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Travailler dans les Jeux Vidéo : 10 conseils

Si l’industrie du jeu vidéo est en pleine expansion, et bat chaque année ses records de chiffres d’affaires, y trouver un emploi peut relever du parcours du combattant.

Fiche Métier Monetisation manager jeu vidéo
Monetisation manager jeu vidéo

Travaillant avec les équipes produit, marketing ou encore data analytics, le monetisation manager jeu vidéo s’engage à chercher de nouveaux moyens pour augmenter l’acte d’achat des joueurs en créant des offres adaptées.

Fiche Métier Data Scientist
Data scientist jeux vidéo

Récolter et analyser des données est le quotidien du data scientist jeux vidéo. Pour une entreprise du jeu vidéo, ce poste se révèle de plus en plus essentiel puisqu’il va lui permettre de concevoir et d’appliquer des stratégies pour augmenter les revenus par exemple.

FAQ

Combien a rapporté Fortnite à son éditeur Epic Games ?
Epic Games ne dévoile pas officiellement le chiffre d’affaires réalisé par son battle royale à succès, mais son combat judiciaire contre Apple a fait ressortir quelques chiffres. En 2018 et 2019, Fortnite lui a respectivement rapporté 5,63 et 4,22 milliards de dollars. Il aurait rapporté pas moins de 5,1 milliards en 2020, portant le total à près de 15 milliards en trois ans. Pas mal pour un jeu gratuit.
Quel est le jeu le plus financé par la communauté ?
Avec plus de 445 millions de dollars récoltés pour son développement, d’abord sur Kickstarter puis sur sa propre plateforme de récolte de fonds, Star Citizen est le jeu vidéo le plus financé de l’histoire par sa communauté. L’ambitieux space opera de RobertsSpaceIndustries n’est toujours pas disponible, alors que sa première campagne date de novembre 2012.
Quel est le jeu d’arcade qui a rapporté le plus d’argent ?
Avec plus de 400 000 bornes, Pac Man est devenu un véritable phénomène culturel dans les années 80. La première mascotte du jeu vidéo a englouti pas moins de 3,5 milliards de dollars en pièces (l’équivalent de 7,96 milliards si on tient compte de l’inflation), soit 800 millions de plus que son concurrent direct Space Invaders.
Quel est le jeu vidéo le plus rentable de l'histoire ?
World of Warcraft est sans contest le jeu le plus rentable de l'histoire. Ce MMORPG développé et édité par Blizzard Entertainment est sorti le 23 novembre 2004. Ce jeu avec le modèle économique d'abonnement, compte plus de 9,20 milliards de dollars de bénéfices depuis sa sortie.

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