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Guide du Jeu Vidéo

Canard PC : le dernier samouraï de la presse JV ?

Il fut un temps, désormais un peu lointain, où l’attente du nouveau Joystick, du Nintendo Player ou du Console+ faisait battre le cœur des joueurs. Un temps où les kiosques regorgeaient de couvertures tapageuses, de disquettes 3,5”, puis de CD-ROM pleins de sharewares, et où les journalistes jeux vidéo avaient des pseudonymes aussi mystérieux que mythiques. C’était l’époque bénie d’une presse spécialisée alors pleine de passion, de mauvaise foi aussi parfois, et de rédactionnels au second degré. Avant que le web ne vienne, tel un météore numérique tout droit sorti de Final Fantasy VII, tout renverser sur son passage.
Rédacteur Clubic pour Gaming Campus
Par Stéphane Ficca
Rédacteur Clubic, spécialiste gaming & hardware
Contenu mis à jour le
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Avec Internet, la critique vidéoludique a changé de camp. Les forums ont donné la parole à tous, les blogs ont cassé les barrières, puis il y a quelques années, YouTube et Twitch ont transformé la chronique papier en talk-show permanent. Là où l’on attendait un numéro par mois, on sature désormais d’avis instantanés, de tests « day one » sponsorisés, de réactions à chaud… Du côté de la presse papier, deux choix étaient disponibles : se réinventer ou disparaître. Beaucoup ont choisi la deuxième option….

Mais au milieu des ruines de ce champ de bataille médiatique, un magazine a continué de brandir son clavier : Canard PC.

Foi de Canard

Canard PC naît en 2003, sur des cendres encore fumantes de Joystick, suite à la scission entre la rédaction historique et le groupe Future France. Les « Canards » d’alors décident de lancer leur propre titre, financé indépendamment, sans publicité, avec une ligne éditoriale au moins aussi tranchée que leurs jeux de mots.

Le pari est audacieux, presque suicidaire en réalité. Lancer un magazine papier consacré au jeu vidéo, en pleine explosion d’Internet ?

À l’époque, on aurait plutôt parié sur le retour de SEGA. Et pourtant, Canard PC s’impose rapidement comme un OVNI, une forme d’anomalie journalistique pleine de panache. En 2003, Canard PC, c’était un hebdomadaire de 32 pages vendu pour la modique somme de 1,90 €, en papier journal.

Aujourd’hui, il s’agit d’un magazine mensuel, de plus de 80 pages (et vendu 7,90 €).

Le secret ? Un ton. Celui d’une bande de passionnés qui ne se prennent pas au sérieux, mais prennent le jeu vidéo très au sérieux. Là où d’autres titres multiplient les tests formatés, Canard PC injecte de l’humour, du recul, et surtout une indépendance totale.

On y parle de jeux, bien sûr, mais aussi d’économie, de politique du secteur, de hardware, de droit du numérique… Et surtout, on y lit des chroniques qui respirent la sincérité.

 

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L’insolence en héritage

Canard PC, c’est avant tout un style. Une plume trempée dans l’ironie, un goût prononcé pour la satire, et une méfiance naturelle envers les discours marketing des éditeurs.

Dans leurs pages, un AAA peut se faire découper à la machette, tandis qu’un obscur jeu indépendant sera encensé pour son audace. Le tout, avec une verve qui rappelle que le jeu vidéo n’est pas qu’un produit de consommation, mais un véritable objet culturel.

Ce ton décalé, presque anarchiste en réalité, s’est imposé comme un contrepoids à la communication  alors très (trop) lissée du milieu. Les lecteurs de Canard PC savent qu’ils ne trouveront pas de test calibré pour plaire aux attachés de presse. Leurs journalistes ne craignent pas de dire qu’un Call of Duty est un copier-coller de l’an dernier, ou que tel early access est encore plus bugué qu’un jeu d’un certain éditeur français à son lancement.

C’est ce positionnement, auquel on adhère ou non, qui a forgé la réputation du magazine : celle d’un bastion de liberté éditoriale.

En refusant la publicité, Canard PC s’est condamné à vivre sur ses ventes et abonnements, mais s’est offert en retour un luxe rare : celui de la parole libre.

 

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L’impact du Canard

On ne mesure pas toujours à quel point Canard PC a marqué la culture vidéoludique française. Le magazine a formé plusieurs générations de lecteurs et inspiré une bonne partie des créateurs de contenu actuels. L’humour pince-sans-rire d’Ackboo, les analyses technos de Jarod, les dossiers économiques d’Ivan Gaudé : autant de signatures qui ont façonné une identité unique, immédiatement reconnaissable.

Surtout, Canard PC a su parler au joueur adulte. Celui qui ne cherche pas un top 10 des meilleures armes de Fortnite, mais plutôt une réflexion sur la dématérialisation, sur la politique des DRM ou encore la crise du crunch dans l’industrie. Le magazine a su évoluer avec son lectorat, sans jamais sombrer dans la nostalgie, ni céder aux sirènes du sensationnalisme.

En parallèle, l’équipe a tenté des expérimentations audacieuses : le site web, les émissions en ligne, la revue Canard PC Hardware, ou encore la version Canard PC Console. Tout n’a pas toujours marché, mais cette curiosité constante témoigne d’un média vivant, pas figé dans sa légende.

 

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L’ombre du numérique

Malgré sa longévité, Canard PC n’a pas échappé aux tempêtes. L’effondrement progressif du kiosque, la hausse des coûts d’impression, la disparition des points de vente, la difficulté à recruter de nouveaux lecteurs dans un monde dominé par les influenceurs… Autant de coups portés à la presse indépendante.

Le magazine a connu des périodes difficiles, des restructurations, des appels à l’aide… mais aussi un soutien massif de sa communauté.

En avril 2018, la campagne de financement participatif sur Ulule pour assurer sa survie avait dépassé les attentes. Comme si les lecteurs, conscients de ce qu’ils allaient perdre, s’étaient soudain réveillés pour défendre leur dernier rempart contre la standardisation du discours vidéoludique.

Sur les 100 000 € demandés, Canard PC obtiendra plus de 210 000 € de la part des joueurs.

Aujourd’hui encore, Canard PC poursuit son aventure, à la fois papier et numérique. Sa rédaction, plus resserrée mais toujours mordante, continue de livrer des dossiers fouillés et des tests écrits avec cette gouaille inimitable.

Les pages ont peut-être maigri, mais le fond reste intact.

Le dernier samouraï ?

En 2025, la presse jeux vidéo française ressemble à un champ clairsemé. Jeux Vidéo Magazine survit tant bien que mal, JV Le Mag a rendu les armes, et les sites spécialisés se débattent entre financements publicitaires et dépendance aux réseaux sociaux.

Dans ce contexte, Canard PC fait figure de dernier samouraï, tenant son code d’honneur face à une industrie médiatique transformée.

Mais au fond, c’est peut-être cela, son destin : incarner cette forme de résistance tranquille, cette plume debout face à la vague. Être ce magazine que l’on lit encore en version papier, un café à la main, parce qu’on sait qu’il n’y aura pas de pop-up, pas de placement produit, pas de titre racoleur.

Juste de l’écriture, du recul, et un amour sincère du jeu vidéo.

À l’heure où tout semble devoir se consommer (trop) vite, Canard PC rappelle que prendre le temps, d’écrire, de penser, de jouer, reste une forme de luxe. Et qu’il existe encore des rédactions qui ne mesurent pas leur succès au nombre de vues, mais plutôt à la qualité de leur lien avec les lecteurs.

Alors oui, Canard PC est peut-être le dernier samouraï de la presse JV. Mais c’est aussi un phare, une preuve qu’il est possible de survivre sans renoncer à ses principes. Et tant qu’il restera un joueur pour se marrer devant un test d’Elle Replay (“Amour, gore et beauté” pour Silent Hill f), de Perco (“Plus qu’un simple plan cube” pour LEGO Voyagers), de Noddus (“J’en mets ma bête à couper” pour Dying Light: The Beast)  ou un édito grinçant sur le dernier AAA hors-sol, le Canard continuera de voler.

Et tant mieux : parce qu’au milieu du vacarme des streams, il est bon de savoir qu’il existe encore certains recoins où l’on parle encore avec passion de jeux vidéo comme d’un art, pas d’un simple produit.

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