Véronique Palmier - Directrice Administrative et Financière (DAF)

LE 07/08/18

Véronique Palmier interviendra tout au long du cursus de la Gaming Business School autour de la gestion financière approfondie. Mme Palmier nous présente son métier et revient sur l'intérêt de G.B.S pour le secteur des jeux vidéo.


Veronique Palmier

Véronique Palmier a 25 ans d'expérience professionnelle autour des métiers de la gestion et la finance dont 15 ans dans le secteur des jeux vidéo. Mme Palmier a notamment été la DAF de grands studios de jeux vidéo comme SEGA ou ARKANE studios. Elle intervient maintenant en conseil financier pour plusieurs entreprises.


Pouvez-vous vous présenter ainsi que votre métier chez les éditeurs de jeux vidéo ? ?

Mon passé professionnel inclut 10 ans dans des secteurs d’activité variés (expertise-comptable, bâtiment et promotion immobilière, édition de logiciels destinés à l’enseignement, Bio-Tech & Med-Tech) mais surtout quinze ans dans le jeu vidéo. Chez ARKANE Studios – groupe ZENIMAX récemment (de 2013 à 2017) ou bien chez SEGA (de 1999 à 2001), j’ai été Finance manager (et/ou contrôleur financier).

Mon rôle s’articulait autour de deux missions essentielles :

  • d’une part, élaborer, suivre les budgets et émettre les reportings pour donner de la visibilité précise et rapide sur les comptes aux maisons – mères basées à l’étranger (Etats-Unis dans un cas, Japon dans l’autre).
  • et d’autre part, établir les comptes annuels tout en garantissant le respect de la législation française, sur le plan comptable et fiscal essentiellement mais aussi du point de vue de la législation sociale, du droit des affaires, de la propriété intellectuelle etc.

Chez Little Worlds Studio mon rôle fut différent à double titre puisque j’ai été associée co-fondatrice en 2004. J’ai donc accompagné la croissance de l’entreprise non seulement sur le plan opérationnel mais aussi sur le plan stratégique, dans sa phase de diversification vers l’édition online notamment. Avec du recul je considère que le studio a été extrêmement bien géré tant dans sa composante production qu’au plan financier. Mais nous n’avons pas su nous appuyer sur nos forces et saisir l’opportunité de rejoindre un groupe structuré en temps et en heure. Nous avons investi des sommes importantes dans des préproductions qui n’ont pas abouti en termes de commercialisation, par absence de vision stratégique du marché. Cette erreur aurait pu être fatale au studio si l’éditeur allemand Big Point ne l’avait pas repris en 2014, 10 ans après sa création. En revanche, le rachat en 2016 de Big Point par l’éditeur chinois Youzu a définitivement mis fin à la belle aventure.


Quelles sont les qualités nécessaires pour travailler dans le secteur ?

Les qualités requises sont multiples. Pour faire simple, je serais tentée de dire qu’il faut savoir preuve d’une qualité …et de son contraire.

Tout d’abord, il convient d’allier ouverture d’esprit et curiosité intellectuelle en permanence tout en évitant de se disperser car seules la rigueur et l’organisation permettent d’obtenir des résultats concrets.

De même il faut faire preuve d’une très grande autonomie dans son travail sans avoir forcément le temps de mener toutes les concertations, ni même d’évaluer de façon exhaustive les conséquences de ses choix.

Mais il convient simultanément de garder à l’esprit que la réussite n’est jamais individuelle mais nécessairement collective… et donc faire preuve d’esprit d’équipe en toute circonstance.

Il faut aussi savoir prendre des décisions parfois extrêmement rapidement, tout en gardant une vision de la situation à moyen terme (le long terme n’existe pas dans ce domaine).

En bref, l’adaptabilité et la résistance au stress sont de mon point de vue des facteurs clefs de succès déterminants.


Quelques mots sur votre activité

Il se trouve que le jeu vidéo est une « grande famille » qu’on ne quitte jamais vraiment, quand bien même on se fâche parfois. Je travaille encore dans ce secteur à raison d’un jour par semaine pour BENTO Studios qui, l’an dernier a commercialisé Snake Vs Blocks, une application téléchargeable en ligne (mode freemium) qui a rencontré un succès phénoménal à sa sortie en 2017 et qui continue de générer des profits particulièrement élevés. La problématique actuelle du dirigeant est de gérer la « manne financière » qui en découle de façon intelligente, en réinvestissant les sommes appropriées dans de futures applications et mon rôle consiste à l’accompagner.

En-dehors de cela, j’exerce des missions de Direction Financière externalisée pour divers « petits groupes » de sociétés en démarrage et/ou en forte croissance. Mes donneurs d’ordre relèvent de domaines d’activité distincts : Communication digitale (start-up informatique), Editeur de solutions Edutech, holdings financières…

Ma mission consiste à accompagner ces entreprises ponctuellement dans le cadre de missions spécifiques (assistance à la clôture des comptes, élaboration d’un budget, montage d’un dossier de financement…) ou de façon récurrente (structuration administrative & financière). Ce positionnement atypique part d’un constat simple : Les dirigeants de PME s’appuient le plus souvent sur les compétences de l’expert – comptable pour la mission de tenue de comptabilité. En termes de gestion, ces derniers dispensent des conseils avisés que les dirigeants peinent à mettre en œuvre. De fait, les petites structures disposent au mieux d’une compétence interne de type assistant(e) administratif/ve, dont la formation et l’autonomie sont limitées. Ce type de personnel attend des instructions précises pour aller de l’avant, instructions que les dirigeants ne sont pas en mesure de donner ; par manque de temps, par nécessité de se consacrer à leur « cœur de métier », et/ou parce que ce n’est pas leur « tasse de thé », ils négligent souvent la partie administrative et financière. Ils sont cependant pleinement conscients des risques liés au non-respect des obligations qui leur incombent (d’ordre fiscal, légal, social…) et des enjeux liés à une mauvaise appréhension de leurs besoins financiers, de leur choix de financement ou d’investissement. C’est pourquoi ils ont besoin d’être secondés de façon opérationnelle pour appréhender au mieux le triptyque administratif / finance / gestion.

Snake versus Block

En quoi le programme de la G.B.S est intéressant pour le secteur ?

Dans un environnement économique qui se complexifie constamment, ce secteur bien que relativement jeune, atteint une certaine maturité. Les acteurs économiques doivent faire preuve de professionnalisme à défaut de quoi leurs projets sont voués à l’échec. Une école de management dédiée permettra de former des cadres aux fonctions dites "support" déjà avertis des spécificités du secteur, ce qui générera un gain de temps considérable au moment de leurs prise de fonction. Rapidement opérationnels, ces jeunes diplômés seront également « structurés » dans leur démarche.


Voir l'interview de Sonia Findling - Coach prise de parole - Chanteuse lyrique

Voir l'interview de Vivien Cauhépé - Intervenant monétisation - Ubisoft

Voir l'interview de Théophile Monnier - Intervenant business development

Voir l'interview de Jean-Baptiste Gabellieri - Intervenant data analyse - Shopix

Voir l'interview de Sébastien Branche - Intervenant création d'entreprise - Sbra consulting

Présentation d'un panel d'intervenants de la Gaming Business School et de la Gaming Academy.


< Revenir à la liste de tous les articles

Inscrivez-vous à la newsletter

Recevez nos nouveaux articles. Aucune publicité.