Théophile Monnier - Business development esport gaming

LE 24/06/18

Théophile Monnier interviendra tout au long du cursus de la Gaming Business School autour du business development. M. Monnier nous présente son métier, son parcours et revient sur l'intérêt de G.B.S pour le secteur du jeux vidéo et du esport.


Théophile Monnier

Théophile Monnier a été directeur commercial chez Millenium un des pionniers du secteur du esport puis directeur général chez Eclypsia. Il est maintenant consultant en développement commercial dans le secteur du digital et des jeux vidéo.


Quel est votre parcours ?

J’ai la chance depuis cinq ans d’être au cœur de l’évolution de l’esport en France, d’abord comme directeur commercial au sein de Millenium, l’un des pionniers du secteur et marque emblématique, puis comme directeur général d’Eclypsia, l’un des plus importants médias dédié à l’esport et au gaming.

Initialement, je viens de l’univers de la presse. Dans une première vie professionnelle, j’ai créé et dirigé des magazines (papier !) autour de mes deux passions qui sont l’histoire et les jeux vidéo : Vae Victis par exemple, magazine français consacré aux wargames, Cyberstratège, sur les jeux vidéo de stratégie, Ravage, sur les jeux fantastiques, Voyage & Histoire sur le tourisme culturel, etc. Bon, cela remonte au milieu des années 1990 et 2000, ça ne parlera pas aux étudiants de Gaming Campus ! J’ai ainsi travaillé dans la presse pendant pratiquement vingt ans, avec ma propre maison d’édition. Par la force des choses, j’ai progressivement bifurqué du journalisme et de la direction éditoriale à celui de directeur commercial publicité et partenariat.

J’ai rejoint Millenium fin 2012, pour me plonger à fond dans l’univers de l’esport et la publicité digitale. C’était une période fabuleuse, celle de la professionnalisation de la scène esport française. Il fallait pratiquement tout inventer : les offres, les supports, les argumentaires. J’allais voir des marques qui connaissaient à peine le monde du jeu vidéo et il fallait leur expliquer ce qu’était le streaming, les compétitions, les premiers champions esport et surtout comment prendre position sur ce marché, avec des démarches marketing inédites. Aujourd’hui, le secteur est infiniment plus mature, tout est cadré et identifié, mais il y a cinq ans, on était à l’ère des pionniers, c’était passionnant.

Après le rachat de Millenium par Webedia, j’ai rejoint le groupe à Paris pour quelques mois, puis Eclypsia m’a sollicité pour prendre la direction commerciale, puis la direction générale lors du rachat par de nouveaux actionnaires. La formidable aventure d’Eclypsia s’est alors poursuivie pendant pratiquement deux ans avec la mise en place de partenariats et opérations spéciales tous azimuts et un soutien de la communauté qui ne s’est jamais démenti. Puis nos principaux animateurs et streamers, souvent présents au sein d’Eclypsia depuis cinq ans pour certains, ont fait le choix de monter leur propre structure, individuellement ou en groupe, et nous avons été amenés à réduire la voilure sur la fin de l’année 2017. Pour ma part, j’ai quitté Eclypsia en janvier dernier.

Theophile Monnier chez Eclypsia

Pourquoi avoir choisi le secteur des jeux vidéo ?

Je me suis mis tardivement à jouer aux jeux vidéo, vers l’âge de 25 ans seulement… ce qui remonte tout de même à 1992, soit l’époque de Civilization I ! J’ai bien sûr complètement accroché et, comme pour la plupart de mes passions, cela s’est concrétisé par la création de magazines, puis d’un des premiers sites Internet français (gamelog.com, en 2000) dont j’assurais la direction éditoriale. Je suis ensuite passé sur des projets éditoriaux sur d’autres secteurs.

Dix ans plus tard, avec l’émergence des plateformes de diffusion en streaming et le développement de la scène esport (qui existait depuis des années mais n’avait jamais trouvé un modèle pérenne), le secteur présentait des opportunités complètement nouvelles, essentiellement autour du contenu. Une dimension dans laquelle je me suis totalement reconnue, il fallait saisir sa chance !

Au-delà de l’aspect business, je reste un gros joueur, essentiellement sur des jeux de stratégie en tour par tour, des jeux type 4X et des RPG. Mais il faut tout tester et surtout être capable de sentir les nouvelles tendances, qui surgissent parfois de manière complètement inattendue. Cette culture gaming doit être dans l’ADN des professionnels du secteur, avec la capacité à sortir de sa zone de confort et de ses certitudes en permanence.

De ce que j’en vois, le business de la musique par exemple a dû gérer deux évolutions majeures en quinze ans (le piratage et l’offre par abonnement), dans l’univers du jeu vidéo, la révolution des usages et des modèles a lieu maintenant tous les ans !


En quoi consiste votre métier ? Quelles sont les qualités nécessaires pour travailler dans le secteur ?

Mon rôle au sein de Millenium et Eclypsia a essentiellement consisté à mettre en place et développer l’offre commerciale, qu’il s’agisse de publicité ou de partenariats marketing, dans un environnement en pleine transformation. Il faut bien se rendre compte qu’en quelques années, les jeux vidéo sont devenus un média et un spectacle, c’est unique. Il a donc fallu complètement créer les business model autour de cette évolution, en allant piocher des mécanismes et offres qui existaient déjà dans l’univers du sport, de la TV ou de l’événementiel, mais en mixant des approches nouvelles, et sur des plates-formes totalement inédites.

Quand on travaille dans le marketing de l’esport et du gaming, on cumule en fait plusieurs supports média, dont certains sont tout juste appréhendés par les grands groupes de TV typiquement. Il faut donc faire preuve d’une certaine agilité et être surtout capable de donner de la cohérence et un sens à cette ébullition, pour pouvoir présenter des offres construites à des marques, encore très réticentes ou juste curieuses. Et s’ajoute à cela le business des influenceurs, qui reste toutefois très marginal dans le gaming si on compare à l’activité autour de la beauté ou des voyages.

En deux mots, mon métier est essentiellement de monétiser les audiences et la notoriété autour d’un ensemble de plateformes et supports média : site internet, Web TV, vidéos Youtube, notoriété des influenceurs. La principale difficulté est de constamment créer de nouvelles offres, en étant à l’écoute des besoins des marques, et à assurer la performance, qualitative et quantitative, de ces opérations et campagnes. Cela fait pas mal de choses à découvrir pour de jeunes étudiants qui veulent se lancer !

Pour ce qui est des qualités, il faut à la fois disposer d’une bonne connaissance des outils techniques (format des publicités en ligne, suivi de stats sur les plateformes, bases de la pub programmatique), idéalement un très bon niveau en conception d’offre (powerpoint et photoshop) plus la démarche marketing et commercial pour les structurer, de grandes qualités commerciales évidemment, et enfin l’imagination, l’expérience et l’agilité pour concevoir des offres innovantes à des clients toujours plus exigeants. Et comme pour n’importe quel secteur d’activité, si vous n’êtes pas immergé dedans (donc ici, gamer et expert esport), vous ne serez pas au niveau !

Une équipe Millenium

Pourquoi pensez-vous qu'une école de management dédiée au secteur du jeu vidéo est nécessaire ?

On le comprend dans ma réponse précédente. L’une des principales difficultés de notre industrie, surtout sur les fonctions commerciales, est de trouver des profils qui combinent une excellente connaissance du gaming et les compétences que l’attend d’un commercial. Et vient s’ajouter à cela de multiples compétences techniques, des capacités opérationnelles, une certaine expérience en entreprise ou agence… et évidemment une pratique irréprochable de l’anglais.

Il n’est déjà pas facile de trouver de bons commerciaux et managers, alors en trouver qui s’intéressent au jeu vidéo et à l’esport, c’est pratiquement mission impossible !

Attention, car l’inverse n’est pas vrai, bien au contraire. Les passionnés de jeu vidéo ne manquent pas, évidemment, mais ils ont souvent le tort de croire que leur passion comblera leur manque d’expérience ou de formation. Editeurs de jeu, média, structure marketing ou équipes esport : nous avons tous besoin de cadres professionnels, bien formés, rigoureux, avec une formation marketing, opérationnel et commercial solide, mais avec cette employabilité et cette connaissance du secteur qui font toute la différence.

Comme il y a des écoles spécialisées dans le business du vin ou du marketing sportif, il faut des écoles de management dédiées à l’environnement du jeu vidéo, car c’est un univers extrêmement pointu et exigeant, en termes de marketing digital, de nouveaux usages, de nouveaux business model, sans parler de la connaissance des produits et du marché. Autour de la notion de formation par projet, Gaming Campus propose une approche éducative innovante qui va permettre de fonder une nouvelle génération de managers pour l’industrie du gaming.


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